Jean-Yves De Blasiis rend hommage à Joachim Fernandez

Jean-Yves De Blasiis rend hommage à Joachim Fernandez

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Ayant joué pendant plusieurs années avec Joachim Fernandez, dans les équipes du centre de formation des Girondins de Bordeaux puis en pro, Jean-Yves de Blasiis a été très ému par la mort de son ancien coéquipier du milieu de terrain, dont il garde beaucoup de bons souvenirs et une très bonne image, mais aussi, comme tout le monde, un sentiment d'amertume et d'incompréhension face au décès de 'Jok', en janvier dernier, et aux zones d'ombre sur le pourquoi de son isolement.
 
 
« Quand il a débarqué, à notre première rencontre, il est le seul joueur noir de l’équipe et moi je suis le seul métis je crois, donc on se rapproche un peu comme ça, sur un esprit un peu communautariste qui n’avait pas été fait exprès. C’était ma première année au centre. Une année souvent très dure car il faut se faire accepter des autres vu qu’on prend un peu la place de garçons qui sont là depuis longtemps. Personnellement, j’en ai beaucoup souffert, et le premier qui m’a aidé, qui m’a pris sous son aile pour me protéger, c’était Jok. Il avait vite senti que j’en avais besoin, je ne sais pas pourquoi. Peut-être parce que lui aussi était tout seul, vu qu’il arrivait d’Afrique, du Sénégal… Mais je lui dois beaucoup sur cette année-là. Beaucoup.

(…) Il y avait une force qui se dégageait de lui, un respect qu’il imposait aux autres, naturellement, mais toujours avec sa joie de vivre, son sourire et ses blagues. Constamment. Quand on jouait à côté de lui, on se sentait fort. On sentait qu’il allait aller au bout et qu’il serait joueur pro. Pour lui, ça ne faisait pas de mystère. Et en plus, il me poussait, il m’encourageait, il avait ça en lui. Donc c’était écrit. Je savais qu’il allait être pro.

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(…) En 95, après avoir signé pro et avoir été prêté à Sedan et à Angers, il refuse un nouveau prêt, il dit non. Il veut rester car il dit - c’est marrant la vie… - qu’il sent que l’année va être particulière. Ensuite, Jok part à Caen, où il devient titulaire indiscutable et fait une énorme année. Il est vraiment très bon et il est recruté par le Milan AC - ce qui est quand même assez fou -, qui le prête à Monza, en D2, pour qu’il fasse ses armes.

(…) Moi, quelques années après, j’étais allé jouer à Norwich City et je l’ai retrouvé en Une d’un article du ‘Sun’ que je feuilletais. J’ai reconnu Jok, avec ses dreadlocks, sa coupe, sa stature. Il portait le maillot orange de Dundee, en Écosse, et il tient par le collet le fameux Paul Cascoigne. Cette photo résumait parfaitement le caractère de Jok, qui s’en prend à cette légende britannique !

(…) C’est terrible, parce qu’on culpabilise. C’est dur. Il ne reviendra pas… Mais on peut aussi lui en vouloir, moi je lui en veux un peu parce qu'il n'a rien dit à personne. Apparemment, personne ne savait. C’est fou… Personne. C’est pas possible… Si au moins sa famille l’avait su, ils auraient fait le maximum pour que nous ont puisse avoir l’information. Et si nous on avait su, on aurait pu l'aider. »

 

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