Modeste : "J'aurais voulu que ça se finisse mieux"

Modeste : "J'aurais voulu que ça se finisse mieux"

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Désormais à Hoffenheim, où il a déjà fait trembler les filets 8 fois cette saison toutes compétitions confondues, l'ancien attaquant du FCGB Anthony Modeste (25 ans) accordait, en début de semaine, un riche entretien à Sud Ouest pour faire le point, sans langue de bois, sur beaucoup de choses.

Le joueur formé à l'OGC Nice (décidément ont parle beaucoup d'eux en ce moment) explique notamment avoir évolué en tant qu'homme dans son rapport au monde du foot et à la communication qu'il faut y pratiquer :

"Dire des choses droit dans les yeux des gens, ce n'est pas facile. Certains en sont capables, mais ce n'est pas donné à tout le monde. En règle générale, en tant qu'homme, il vaut mieux crever l'abcès et dire ce qu'on pense en face. Mais en tant que footballeur, il vaut mieux manier la langue de bois. Regardez l'affaire Evra. Peut-être qu'il a raison, peut-être pas, je ne veux pas juger. Mais au moins il a le courage de dire son ressenti. Et tout le monde lui tombe dessus.

Dans la vie il ne faut pas regretter ce qu'on dit. Je ne parle pas par hasard. Même chose pour mes choix, je ne regrette rien. Quand je suis parti à Blackburn (en 2012, ndlr), ça m'a rendu plus fort. Toute expérience est bonne à prendre. Ne serait-ce que parce qu'aujourd'hui je parle anglais.

Moi, je suis quelqu'un d'assez timide. J'ai eu des problèmes avec quelques journalistes et du coup je me protège. J'ai eu tendance à me refermer, à ne pas communiquer. Je suis gentil et j'ai longtemps eu l'impression que tout le monde était mon ami. C'est comme ça qu'on se fait avoir. Maintenant, grâce à mes proches, j'apprends à être plus ouvert, à bien choisir mes mots. J'en ai pris conscience depuis que je suis arrivé en Allemagne, notamment grâce à mon environnement, ma femme et mon agent."



Il explique ensuite se plaire en Allemagne ou la mentalité du "tout pour l'attaque" est plus excitante qu'en Ligue 1, championnat plus fermé, et revient sur son choix d'être allé à Hoffenheim plutôt qu'à Saint-Etienne... En tout cas, rester à Bordeaux n'était pas dans ses plans dès son retour de prêt en Corse :

"Ça aurait pu l'être. Mais à partir du moment où j'ai senti dans le discours de l'entraîneur actuel (Francis Gillot, ndlr) qu'il ne faisait pas tout pour me désirer, j'ai préféré m'en aller. Je ne veux pas être brossé dans le sens du poil, mais je veux qu'on me dise les choses telles qu'elles sont. Ça n'a pas été le cas.

J'aurais pu faire mieux, j'aurais pu faire pire. J'aurais surtout voulu que ça se finisse mieux à Bordeaux. Après, j'ai eu la chance qu'un club comme Bastia me relance la saison dernière, alors que je n'avais pas marqué des tonnes de buts. Ils m'ont tendu la main à un moment où c'était très compliqué pour moi. Je les remercie encore de m'avoir permis de réaliser ma saison la plus aboutie en Ligue 1 (15 buts, ndlr). Sans le Sporting Club de Bastia, je ne serais peut-être pas là où j'en suis aujourd'hui.

Les coaches qui ont compris que je marchais à l'affectif ont constaté que je leur rendais leur confiance sur le terrain. Il y a des joueurs avec lesquels il faut être pédagogue, j'en fais partie. Même si je pense avoir beaucoup grandi depuis mes débuts. (...) Je savoure ce qui m'arrive en ce moment, mais ce n'est pas une fin en soi. Le foot ça va super vite, on monte très vite et on peut descendre tout aussi vite, je suis bien placé pour le savoir".

A (re)lire : "Modeste : histoire d'un gâchis"

Sud Ouest

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