Philippe Poutou : "Il y a le choix en réalité"

Philippe Poutou : "Il y a le choix en réalité"

Le - Vente des Girondins - Par

Lors du Conseil de Bordeaux Métropole qui s'est tenu ce jour-ci pour délibérer au sujet de la lettre d'intention fournie par la société de Gérard Lopez garantissant le versement des loyers du Stade Matmut-Atlantique, Philippe Poutou a exprimé son désaccord vis à vis de l'arrivée de l'homme d'affaires hispano-luxembourgeois aux Girondins

L'élu estime qu'il est temps de profiter de cette situation pour reconstruire les Girondins de Bordeaux avec des bases et des valeurs différentes que celles du football d'aujourd'hui, que le club doive descendre ou non : 

"Nous votons contre cette délibération. Ce n'est pas juste de la méfiance qu'il faut exprimer. C'est dire clairement que nous ne sommes pas d'accord avec ce nouveau modèle. Il a été dit précédemment qu'il s'agissait des mêmes lettres d'intention, mais au-delà de ces lettres, on sait très bien que le même système se remet en place. Il y a une sorte de continuité. Ils ont la même politique dans le football. L'objectif c'est de faire des affaires, de profiter du football et derrière il n'y a aucune garantie. Ils font un peu ce qu'ils veulent et le pire c'est qu'on a l'impression qu'ils savent très bien que s'ils font des conneries ou que ça part en sucette, ils ne paieront pas. Personne ne viendra pour leur faire payer ou pour leur demander des comptes. C'est à peu près ce qu'il se passe avec King Street. Ce qui serait important c'est que le Conseil de Métropole prenne une position claire en disant que l'on ne veut plus de ça. Ce qui est terrible, c'est ce que Monsieur Anziani a dit, s'il n'y a pas ce repreneur-là, derrière c'est l'écroulement du club voire sa disparition puisque le club serait relégué dans une division plus basse qu'en Ligue 2 et il serait impossible de le reconstruire. Ça fait une sorte de pression, de chantage, qui fait que l'on n'a pas le choix et donc il faudrait accepter ce repreneur-là, bien que l'on ait tous conscience que c'est un affairiste et que ça ne sera certainement pas miraculeux. On recule et au nom de cela, il faudrait accepter un système qui continue et qui demain, dans un an, dans deux ans, provoquera des situations qui seront sans surprise. Il y a aussi la pression d'un club qui ne serait plus dans l'élite, on perdrait un club historique, les Girondins de Bordeaux, on a tous des souvenirs de Lescure, en fonction de l'âge que l'on a, des titres des grands joueurs, etc. Au nom de cela il faudrait se coller à un système véreux ?

Est-ce que le club ne peut pas se reconstruire sur d'autres bases ? S'il est relégué, ou est le drame ? Ou est le problème s'il descend en National III ? On ne pourrait pas profiter de cette occasion pour reconstruire un club sur des bases saines en discutant des salaires, du nombre de salariés, de l'égalité entre le football masculin et le football féminin ? Pourquoi ça n'est pas l'occasion à ce jour ? Si on n'a pas de repreneurs sérieux, convaincants, discutons alors de la reconstruction d'un club sur d'autres bases. Peu importe s'il descend. L'objectif serait de remonter mais avec des valeurs toutes autres que celles du football business d'aujourd'hui. C'est ça qu'il faudrait choisir et ne pas être coincé dans un chantage. Il y a le choix en réalité. On dénonce cette continuité, ce repreneur qui reste dans le même modèle. On n'est pas du tout d'accord. On pense qu'il faut justement discuter d'autres choses et construire autre chose. On vote contre et de toutes façons on verra bien par la suite."

Retranscription faite par nos soins

Vidéo : Bordeaux Métropole

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