Jérémie Bréchet à Bordeaux

A bientôt 34 ans, Jérémie Bréchet est un homme heureux. De ses propres aveux, le nouveau N°5 des Girondins retrouve, à Bordeaux, un club de grand standing et des conditions de vie et de travail exceptionnelles.

Le défenseur passé notamment par Troyes (2012-2013), Sochaux (2006-2008 et 2009-2012) et Lyon (1998-2003) constitue donc la première recrue du mercato estival 2013 pour le club aquitain.

Une recrue non négligeable puisque le « vieux » Bréchet compte environ 250
matches de Ligue 1 et 300 en France (si on ajoute les rencontres de
Coupes nationales), mais aussi plus de 40 matches en Coupe d’Europe (dont environ 30 en Ligue des Champions)
, une quinzaine de matches pros en Italie
(saison 2003-2004 avec l’Inter Milan), une vingtaine en Espagne (saisons
2004-2005 et 2005-2006 avec la Real Sociedad) et une trentaine aux
Pays-Bas (saison 2088-2009 au PSV Eindhoven).

Ex international espoir et international A (3 sélections en Bleu et une Coupe des Confédérations remportée en 2003), le natif de Lyon a également remporté, avec l’Olympique Lyonnais son club formateur, la Coupe de la Ligue 2001 ainsi que les Championnats de France 2002 et 2003 et le Trophée des Champions 2002. Une Coupe de France gagnée avec Sochaux en 2007 et une Supercoupe des Pays-Bas décrochée avec le PSV complètent son riche palmarès.

Voulu par Francis Gillot, avec qui il avait déjà travaillé à Sochaux, Bréchet présente un profil de jeu plus technique que physique. malgré ses 186 centimètres. Bon dans la relance, dans le placement et l’anticipation lors des duels, il vient compléter une défense où Sané est sur le départ, où Henrique est davantage un stoppeur et où Planus a perdu du crédit aux yeux du staff technique (sans parler du retour de prêt d’un Savic blessé et des incertitudes liées à l’avenir de Faubert et de Marange). De plus, il sera sans doute aussi chargé d’apporter sa sérénité et son vécu à de jeunes éléments comme Poundjé, Sertic ou encore Poko et de montrer l’exemple au niveau de l’état d’esprit à une formation souvent critiquée dans ce domaine ces dernières saisons.

Un recrutement calculé et – pourquoi pas ? – un bon coup…

Présenté partout où il est passé comme un professionnel accompli, un garçon à la mentalité de compétiteur et au caractère remarquable, celui qui possède l’avantage d’être gaucher et donc (éventuellement) de pouvoir couvrir sur le côté, poste de ses débuts en pro, a cependant connu quelques blessures graves au tendon d’Achille. Une première, avec rechute, lors de son passage en Espagne (plus d’un an d’absence en cumulant les deux périodes) et une seconde en 2011 lors d’une saison quais blanche avec Sochaux.

Cependant, sa dernière saison dans l’Aube sous les ordres de Jean-Marc Furlan _ un ancien de la maison girondine – a rassuré. S’il en a manqué le premier tiers pour une blessure au genou, son retour a coïncidé avec l’embellie de Troyes. Sans lui, l’ESTAC prenait à peine 0.5 point par match, avec lui cette moyenne est passée à 1.2 point par rencontre et a permis de croire jusqu’au bout au maintien… Finalement raté à la dernière journée.

Parions que Francis Gillot, qui connait le joueur et l’homme, a pris la peine de se renseigner sur l’état de santé de Bréchet et saura l’utiliser au mieux. Car en dépit des doutes, bien légitimes avec l’âge et vu son passé, sur son aptitude à tenir toute une saison, le niveau sportif de Jérémie Bréchet semble plus difficile à remettre en cause. En effet, à part à l’Inter Milan où le coach qui l’avait recruté (Hector Cùper) a été limogé 3 semaines après, force est de constater que Bréchet s’est imposé partout où il a pu jouer… Quand son corps le laissait tranquille ! Même l’an passé, bien qu’évoluant dans un club finalement relégué, sa saison a été saluée sur le plan individuel par les observateurs, les supporters troyens et le club aubois, qui n’a cependant pas pu lui prolonger son contrat initial d’un an en raison des difficultés financières liées à leur descente en Ligue 2.

Un contexte dont Bordeaux a bien profité pour réaliser un coup, certes risqué et peu ronflant, mais pas forcément si incompréhensible que ça… Et à moindre coût !